(Lettre ouverte au Premier ministre François Legault, publiée dans le journal La Presse)

La pandémie a rendu vulnérables tellement de personnes qu’on n’a jamais eu autant besoin du communautaire. Si vous continuez de nous sous-financer, ces milliers de Québécoises et Québécois vont tomber entre les mailles de notre filet social. Pour sortir de la crise, le prochain budget doit répondre aux besoins du communautaire et, par le fait même, de la population.

Depuis un an, toutes les personnes qui se retrouvent sans ressources et sans issue se tournent vers nous pour se sortir la tête de l’eau. Les besoins explosent de partout et il faut le reconnaître, le communautaire est un acteur indispensable.

C’est le cas de Sylvain, 62 ans. Sylvain bénéficie de l’aide sociale depuis que ses nombreux problèmes de santé l’ont tellement affaibli qu’il ne peut plus travailler. Comme la COVID-19 peut le tuer, son médecin lui a ordonné de ne plus sortir.

Évidemment, Sylvain a paniqué, comment allait-il manger ? Aller chercher ses médicaments ? Rapidement les organismes communautaires se sont adaptés, ils ont commencé la livraison à domicile pour aider Sylvain et les autres personnes malades dans sa situation.

Ce n’est pas tout. Chaque semaine, Francine, du Groupe d’information et de défense des droits sociaux de Sainte-Julienne, appelle Sylvain pour voir comment il va et ce qu’ils peuvent faire pour l’aider.

La pauvreté isole, la pandémie aussi, mais les organismes s’assurent de ne laisser personne derrière. Sylvain ne sait pas ce qu’il aurait fait si ça n’avait pas été des organismes communautaires, et même s’il vit encore plusieurs difficultés, au moins il peut manger. Pour Sylvain, une chose est plus claire que jamais, le Québec a besoin du communautaire.

Des personnes qui vivent des difficultés comme celles de Sylvain, il y en a plus qu’on puisse en compter et ils survivent souvent grâce au communautaire. La pandémie fait mal aux plus démunis comme à la classe moyenne, les besoins sont plus grands et nos organismes le sentent. La preuve ? Le recours aux banques alimentaires a augmenté de 30 % depuis le début de la pandémie.

Pendant que le gouvernement aide les entreprises, le communautaire aide notamment les gens peu alphabétisés à se retrouver dans les consignes de santé publique, défend les droits des locataires afin d’éviter qu’ils perdent leur logement en pleine pandémie et aide les aînés à briser l’isolement.

S’adapter à la pandémie, développer de nouvelles façons d’aider les personnes comme Sylvain, c’est nécessaire, mais ce n’est pas gratuit. Depuis un an, le communautaire apporte sa contribution pour ne laisser personne derrière et aider le Québec à sortir de la crise sanitaire.

M. Legault, c’est à votre tour d’aider le communautaire. Mettez fin au sous-financement du communautaire avec votre prochain budget.

Signataires:
Tristan Ouimet-Savard, Réseau québécois de l’action communautaire autonome
Claudia Fiore-Leduc, Coalition des Tables régionales d’organismes communautaires 
Farah Wikarski, Coalition des Tables régionales d’organismes communautaires
Geneviève Beaulieu Veilleux, Table nationale des corporations de développement communautaire
Mathieu Noël, Regroupement des organismes en défense collective des droits